Je vous promets du sang et de l’encre

David Tejero Blog

De retour de vacances bien méritées, je vous promets du sang et de l’encre pour la rentrée. Pour presque paraphraser Churchill… Si vous ne voyez pas du tout de quoi je parle, c’est que vous dormiez au fond de la classe en cours d’Histoire… Passons.

Vous souvenez-vous de ce jeu qui consistait à dessiner du bout du doigt dans le dos de l’autre? « Devine quelle lettre j’écris! » Ce jeu tactile me procurait un plaisir immense lorsque j’étais celle au bout du doigt. Je faisais durer le plaisir en faisant semblant de ne pas comprendre ce que l’on me dessinait sur la peau et je suppliais mon petit camarade de recommencer « Encore une fois! ».

Comment est-ce que je me suis rappelée de ça? Et bien, je m’en suis souvenue alors que j’étais allongée, subissant la brûlure des aiguilles du tatoueur car, oui, j’ai sauté le pas! Je me suis fait faire mon tout premier tatouage. À Barcelone.

Je vous arrête tout de suite, je ne me suis pas levée un matin en me disant « aujourd’hui, je me fais un tatouage! » avec une voix de connasse bien aiguë. Non. C’est, au contraire, le fruit d’une longue réflexion et de plusieurs discussions avec des tatoueurs et des tatoués. Mon tout premier  entretien avec un tatoueur remonte à août 2006, c’était à Camden Town, à Londres. Une fleur de lotus dans le creux des reins, c’était mon idée d’alors. Et depuis, les idées ont fleuri. Pardon pour le jeu de mots.

Le prix m’avait sérieusement freinée et mon copain de l’époque n’était pas franchement emballé par l’idée mais avec le recul je me dis que j’aurais du le faire quand même.

Mais depuis Camden town, nouveau copain, nouvelles idées et surtout LA rencontre avec le tatoueur à qui je confierais ma peau. David Tejero. Artiste à part entière. Son style correspondait exactement à ce que je voulais. À la Roald Dahl. James et la grosse pêche, etc… J’ai de drôles d’associations d’idées, je sais… Mais bref, on s’est compris lui et moi et ça c’est sans doute le plus important quand on a un projet de tatouage. Premier entretien dans un mélange tout mignon de français, espagnol, anglais, premiers dessins, on discute dimension, couleur, emplacement, prix. Je prends sa carte et je me donne un week end de réflexion. Et lundi, j’arrive à l’ouverture! On refait un dessin, j’y ajoute quelques détails. Rendez-vous est pris pour le jour-même, 16h. J’ai de drôles de sensations dans le ventre. Je vais le faire. Je flippe. Mais de quoi? De la douleur? Non, j’en ai connu de bien plus terribles. De l’engagement? J’ai déjà pris des engagements pour la vie, je sais ce que c’est, je sais ce que je fais. Ce coup de flippe est ridicule. Je vais me donner du courage en allant m’acheter de la lingerie. Faudra que je vous raconte un jour, cette passion pour la lingerie fine…

16h, David m’attend avec ses essais et LE dessin final. Époustouflant, il est allé au-delà de ce que j’espérais, de ce que j’attendais. Pendant quelques secondes, je ne trouve pas mes mots, dans aucune langue. En fait, je pleure. Je suis émue. Mais je modifie malgré tout une dernière petite chose sur le dessin. Exigeante jusqu’à la dernière minute. J’ai la chance de le suivre, de descendre là où les autres artistes préparent leurs dessins. Il prépare ma peau et applique le calque sur moi, à l’emplacement choisi, devant le miroir je discute encore de la dimension du tatouage car le calque était gigantesque mais il me rassure et hop c’est parti pour presque deux heures de douce torture indélébile.

La question : est-ce que ça fait mal? Pas tant que ça, j’ai envie de dire mais je me suis servie de mes acquis en sophrologie pour ne pas sentir la douleur (voix de connasse). David a utilisé des aiguilles de différentes épaisseurs, les plus fines faisaient vraiment mal, surtout lorsqu’il passait sur ou près d’un os… Pendant qu’il dessinait sur ma peau, j’ai eu le temps de réfléchir à tout plein de choses et j’ai fini par m’endormir à moitié, exactement comme chez le dentiste. La douleur a cet effet sur moi. Parmi les trucs auxquels je pensais, il y avait mon prochain tatouage. Et oui, je n’y croyais pas avant mais le tatouage peut devenir une drogue. Et j’ai hâte d’avoir mon prochain shoot.

En parlant de shoot, un moment que j’ai adoré ça été le shooting photo. David m’a laissée dix minutes de répit avant de me demander de le suivre dans la rue à côté de la boutique pour une séance photo improvisée. Je dois avouer que ça m’a beaucoup amusée! Jusqu’à ce que la douleur, la vraie, ne se fasse finalement sentir. Un tatouage ça ne fait pas vraiment mal sur le coup mais énormément après. Et ça demande des soins spécifiques. La première nuit,  ne vous attendez pas à dormir comme un bébé, surtout si, comme moi, vous le faites dans le dos…

Si vous voulez jeter un oeil au blog de David : c’est par ici et pour la boutique du salon de tatouage Aloha Tatoos, c’est à La Cobra Negra.

Pour voir les oeuvres de David, cliquez simplement sur son nom et vous verrez ses trois dernières oeuvres dont ma préférée : Iron Bite 

Bon retour à tous et bonne rentrée!

PS : la suite de l’article c’est par ici.

Bookmarquez le permalien.

8 Comments

  1. Enfin !!!

    Je suis moi aussi de retour de vacances et que vois-je !? Plein de nouveaux articles ! 🙂

    Je suis heureux que tu te sois décidée à franchir le pas. Bravo ! Et je confirme, une fois qu’on se fait tatouer une fois, il y a un désir indéscriptible de continuer. Pour ma part, je me suis fait tatouer la première fois il y a 6 ans. Un tatouage pas trop grand, dans un endroit non visible en permanence ; même si j’y avais beaucoup réfléchi, j’avais tout de même peur de le regretter après coup… Ca fait toujours ça la première fa… 😉

    Aujourd’hui, je sais que j’y retournerai. Ca ne fait aucun doute. Mais je ne me suis pas encore totalement décidé sur le motif, ni sur l’endroit.

    Une chose est sure, un tatouage fait partie intégrante de corps, de ton être, de ta vie !

  2. Ton dessin est il présent sur le site du tatoueur ?? 😉

    • Nop 🙂 Il est visible sur place à la boutique dans son album perso! Donc quand d’autres gens iront se faire tatouer, ils pourront s’inspirer du mien!

  3. Quel courage cette Fa! Je ne m’attendais pas à ça en lisant ton titre d’article sur Twitter.
    Pour ma part je vais rester au jeu des lettres dans le dos 🙂

  4. Fais voir ton oeuvre cutanée !!

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