La fille Rexona, mon premier amour

À l’adolescence, l’âge des excès de sébum, de la mue mal-affirmée, des semelles orthopédiques et des appareils dentaires, des coupes de cheveux hasardeuses et des hormones en rodage, engendrant surpoids un jour et maigreur l’autre, le tout mal dissimulé sous des tee-shirts et des pantalons à-pas-cher-parce-que-t’as-pas-fini-de-grandir, la simple évocation d’une future relation sexuelle amoureuse avec un être du sexe opposé relève de l’utopie.

Et pourtant, ça bout ; et c’est tout le paradoxe, le terrible, l’affreux, l’effroyable paradoxe : on veut, on VEUT, mais on ne peut PAS.

Que n’ai-je usé de boites paquets de mouchoirs à l’époque, envisageant tour à tour d’intolérables coïts avec dans le désordre, une par une et toutes ensembles, Buffy (de la première saison), Adeline des Filles d’à côté, Sabrina M., Ophélie Winter, ma cousine, Marion Cotillard dans Taxi, madame S., prof d’histoire-géo, Jean-Michel Le, etc, etc, ETC.

Parmi toutes ces icônes inaccessibles et interchangeables, une se détachait cependant : la fille de la pub Rexona.

La fille de la pub Rexona

Qualité pourrie, impossible de trouver mieux.

Aaaaaaaaaaah.

Tu commences à comprendre ?

Déjà, c’était carrément rassurant de voir que les filles aussi pouvaient savoir ce qu’elles voulaient et faire le premier pas ; il y avait peut-être une chance pour que mon mutisme de l’époque ne me fasse pas mourir puceau, hallelujah.

Le côté ‘stratégies tordues’ aussi, que seul un esprit immature est capable d’échafauder, beaucoup d’efforts souvent vains, ici le tour du pâté de maison en courant; dans mon cas, parmi tant d’autres exemples, le fameux « – C’est pas ton dernier bus ? – Non non t’inquiète héhé ! » ou en sport, laisser passer trois personnes devant soi pour partir en même temps que le fantasme de la quinzaine, par exemple.

Et puis elle représente à elle seule le déchirement adolescent; pas encore une adulte mais plus vraiment une enfant ; sapée comme une gamine, avec ce qui est probablement des cours sous le bras, une coupe de cheveux très kawaï qui va pourtant être réajustée avec une habileté à faire pâlir de jalousie Zhang Ziyi dans Rush Hour 2 (0:33), un peu animal lorsqu’elle trébuche, mais tellement fatale quand elle force le naturel, si coquine lorsqu’elle se mordille la lèvre avant l’impact ou hausse les sourcils avec frivolité une fois le bellâtre ferré.

Sans oublier l’essentiel : elle est putain de bonne de jolie, la petite.

Et toi, c’était quoi ton fantasme adolescent ? Parle sans honte, j’ai un ami qui se masturbait en cm1 sur Kitana de Mortal Kombat 3.

PS: je donne quinze euros à celui ou celle qui m’envoie le mp3 de la pub en version clean.

Sylvain

A propos de Sylvain

Does he look like a bitch ?
Bookmarquez le permalien.

2 Comments

  1. Merci ! Quant à la musique, pour ma part j’en étais arrivé à la conclusion que c’était une sorte de remix trèèès éloigné de « Cherry Lips » de Garbage, par la société de production spécialisée dans l’audiovisuel publicité/ cinéma/ fictions, ‘Swingmusica’, remix bien évidemment introuvable: je suis fonctionnaire moi, j’ai déjà du mal à manger de la viande et des légumes passé le 20 du mois, je ne vais pas en plus dilapider futilement mon maigre pécule, c’est la crise. Mais merci beaucoup d’avoir cherché !

  2. Joli article 🙂 J’avais un peu les mêmes fantasmes (beaucoup de série, peu les jeux vidéos).

    Après moult recherches impossible de mettre la main sur un mp3 ^^ (pour info il s’agit de The Primitives – Run Baby Run)

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