My Major Company BD : miser sur une bulle

Presque quatre mois après son lancement, que penser de la plateforme participative, My Major Company Bande Dessinée? My Major Company Music, on connaissait. On mise de l’argent sur un artiste en devenir, un chanteur pas encore connu, et si ça fonctionne, on récupère la somme investie avec, parfois, un bonus conséquent. On a vu ça avec le chanteur Grégoire et, plus récemment, la chanteuse Irma., avec le succès que l’on sait.

My Major Company BD (MMC BD), c’est donc la même idée, transposée à l’édition, pointue, de la bande dessinée. Les internautes peuvent devenir co-éditeurs d’un album en développement, préalablement signé par une maison d’édition (??), en achetant des parts pour remplir la jauge de 25 000 euros.

« 10 euros la part! 10 euros! Allons-y, allons-y ma bonne dame! »

Michaël Goldman, jeune, président de My Major Company, nous présente et nous convainc, en 4 minutes montre en main, à cette adresse.

On y apprend que MMC BD est née de la rencontre avec Claude de Saint Vincent, président de Média Participations réunissant, entre autres, Dupuis, Dargaud et Le Lombard, trois poids lourds de l’édition BD. Ils procèdent à la présélection des auteurs mis en avant sur MMC BD… Mais alors pourquoi demander à l’internaute de miser sur une BD déjà signée et qui sera publiée quoiqu’il arrive? MMC BD ne présente pas la chose de cette manière. Sur leur site, très très joli très très bien fait, on nous explique qu’en pariant sur un album, on découvrira les coulisses du travail des auteurs et des dessinateurs, et que l’on pourra ‘vivre de l’intérieur l’expérience d’éditeur’, c’est-à-dire, participer au processus éditorial, en choisissant la couverture, le titre, la quatrième de couverture, etc.

Tout le monde semble gagnant. Les jeunes auteurs-dessinateurs profitent d’un tremplin parfaitement encadré, le public découvre en avant première la BD sur laquelle il a misé et développe une relation privilégiée avec les artistes. Ce que l’on peut espérer pour les auteurs-dessinateurs ainsi sollicités, c’est qu’ils toucheront de plus grosses avances sur droits et que les maisons d’édition ne se déchargeront pas pour autant du travail de promotion. Il y a fort à parier que ces dernières sont les véritables gagnants de cette initiative de toute manière. Mais ne faisons pas trop de mauvais esprit. Ne voyons pas le mal partout.

L’idée de l’édition BD participative reposant sur le crowdfunding existe déjà via le site Sandawe.com depuis janvier 2010, avec la différence que sur ce dernier, les albums proposés ne seront édités uniquement s’ils atteignent la somme minimale d’investissement demandée. Le public a donc un véritable poids.

Pour finir, ce qui me plaît dans ce concept, c’est qu’à l’heure du « c’est gratuit c’est sur Internet », le piratage massif argumenté, on réussisse, malgré tout, à donner l’envie aux gens de mettre quelques euros sur un projet et que l’on puisse réunir des passionnés de BD et en faire des éditeurs d’un jour. J’ai une grosse préférence pour le titre Pink Daïquiri, Alixia, la brune à la recherche de l’orgasme ultime, Clémence, la blonde à la recherche du grand amour… amies jusqu’au jour où… 10 euros!

Enfin, j’aime aussi tout particulièrement, le partenariat MMC-Métro intitulé Tremplin BD qui propose de publier une fois par mois, le dessin d’un internaute, sur une thématique proposée. Les internautes soumettent leurs dessins à l’avis d’autres internautes. J’adore le dessin sélectionné pour illustrer le thème des bonnes résolutions de début d’année..

Bookmarquez le permalien.

One Comment

  1. Très bonne initiative que je ne connaissais pas ! Je ne me considère pas comme « fan » de BD, mais je me plonge dans certaines collections de temps en temps.

    Le principe est bon en tout cas et le site est plutôt bien fait (ce qui ne gâche rien !). Je vais faire un tour plus compet sur le site et miser si j’ai le coup de coeur !

    Merci pour l’info donc !

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