The Dictator, stop ou encore?

On ne dirait pas mais l’été est arrivé. Entre fête de la musique trempée et fête du cinéma bien installée, j’ai fait mon choix. D’autant plus réjouie que, cette année, le choix était là. Men in Black 3, Cosmopolis, The Dictator, De rouille et d’os, pour ne citer qu’eux. Il y en avait pour tous les goûts.

Après la claque prise lors de la projection en avant-première de The Amazing Spiderman, j’espérais continuer sur cette lancée avec le dernier personnage fou  crée par Sacha Baron Cohen.

Il n’en est pas à son coup d’essai. Après Ali G la gentille kaïra d’Angleterre, Borat le reporter kazakh et Brüno le journaliste de mode autrichien homosexuel, j’étais impatiente de rencontrer Aladeen, général de Wadiya, petit pays pétrolifère d’Arabie.

Plantons le décor.  Culte de la personnalité poussée jusqu’à l’absurde. Hummer en or. Garde rapprochée exclusivement féminine. Palais oriental à la déco improbable : lions empaillés et dorures à gogo. Culte de la barbe. Sosies suicidaires. Hommages aux (vrais) dictateurs disparus, Kim Jong Il et Khadafi. Expédition aux Etats-Unis, pays à la politique supposé être l’inverse de celle de Wadiya.

A priori, tout est là pour faire une bonne comédie satirique. Satire non pas des pays du Moyen Orient (quoique…), mais bel et bien satire des Etats-Unis et de leur idée fixe d’imposer la démocratie à la planète entière.

« Démocratie je t’aime »

Sacha Baron Cohen tire peut être son inspiration des Lettres Persanes de Montesquieu dont le principe est de faire parler deux étrangers d’une culture qu’ils découvrent et visitent pour pouvoir en faire la critique.

Paul Valéry explique ce procédé ainsi : « Entrer chez les gens pour déconcerter leurs idées, leur faire la surprise d’être surpris de ce qu’ils font, de ce qu’ils pensent, et qu’ils n’ont jamais conçu différent, c’est, au moyen de l’ingénuité feinte ou réelle, donner à ressentir toute la relativité d’une civilisation, d’une confiance habituelle dans l’ordre établi.» (Variété II).

Le souci c’est que dans The Dictator il n’y a ni surprise ni naïveté et un manque cruel de réalisme. Il n’y a qu’un seul vrai moment intelligent…

« Si les Etats-Unis étaient une dictature… »

A mon sens, Sacha Baron Cohen n’a pas réussi à réitérer l’exploit d’irrévérence de Borat.

The Dictator a un arrière goût d’Adam Sandler, décevant et surtout, surprenant, dans le mauvais sens du terme. Je pense à une scène d’accouchement surréaliste, absurde et tellement inutile.

Je me répète mais il manque la naïveté qui faisait fonctionner la provocation de Borat et le réalisme cruel mais efficace de Brüno. Alors bien sûr, j’ai, malgré tout, rit un peu mais j’en suis sortie déçue.

Sacha  Baron Cohen devrait peut être changer de recette.

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